Ecussonnoir : nom masculin, désignait dans le Haut moyen-âge, celui des pages dont la fonction consistait, après les tournois, à récupérer les écussons usagés des chevaliers malheureux et à leur redonner du lustre avant la prochaine joute.
Cf anonyme 14ème siècle : « Fidèle au preux Meursault, Ysandre confia son mouchoir à son écussonnoir, afin qu’il fit luire aux étoiles les armoiries de Flandres. »
Oyez Damoiselle, la belle histoire de Meursault
qui pour Ysandre la belle troqua oripeaux
et fausses dentelles, contre une lance en argent
une froide écuelle, un surcot de fer blanc.
Ce jeun’ page à la cour du chevalier Yvain
mignon de sa personne, courtois en tous chemins
prochain écussonnoir du seigneur de ces lieux
aurait dû selon tous, aimer et vivre vieux.
Par malheur pour les siens, il vit la jouvencelle
se baigner près du lac, chanter la ritournelle
et sceller en son cœur les li-ens du destin
Parti pour les croisades afin de l’émouvoir
c’est à l’heure de mourir que son joli mouchoir
recueillit son chagrin, Ysandre était si loin.
Isabelle de Flandres
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mardi 7 janvier 2014
mercredi 8 mai 2013
D’un rêve d’homme à un rêve de singe (ou le contraire :-) )
Le singe s’approche de l’homme en pagne et lui vole un collier de perles multicolores. L’homme ne fait pas un geste. Il est de dos. Il se retourne lentement. Sa figure est dévorée, sa chair en charpie mais son regard est fixe et très triste. Impression d’angoisse et réveil en sursaut.
Deus ex-machina
En 1960, un médecin gris et triste apprit à Rosa qu’une
tumescence apparaissait sur la radiographie de son colon. Une coloscopie lui
donna ensuite quelques indications supplémentaires sur le corps étranger qui
avait décidé de coloniser, verbe particulièrement approprié en l’espèce, ses
entrailles. La tumeur, d’un vert assez vif et pour tout dire assez agréable, ne
ressemblait à rien de connu, rien de connu en tout cas du professeur de
gastro-entérologie de sa ville de province. Celui-ci adressa donc Rosa à un
éminent spécialiste parisien, comme il se doit en pareil cas.
Rosa prépara une petite valise, la mit dans le coffre de sa
voiture, un joli petit coupé sport, qu’elle venait d’hériter de son grand-père.
Elle avait pris soin d’emmener son ours en peluche, avec lequel elle dormait
depuis 23 ans, au cas où l’éminent spécialiste lui demanderait de passer
quelques nuits à l’hôpital.
En 1961, Rosa avait épousé l’éminent spécialiste, séduit par
cette jeune fille charmante, porteuse d’une tumeur verte filandreuse, qu’il lui
promit de guérir. Pour sceller leur union, il lui avait offert un papillon
emballé dans du papier transparent. Un papillon aussi léger que Rosa, mais un
papillon enfermé, aux ailes non déployées.
Rosa alterna les séjours à la clinique et les retours dans
l’appartement du 6ème arrondissement. Le professeur Basler
s’efforçait au mieux de la distraire, l’emmenant au bal chez Uba ou au zoo de
Vincennes, voir les rhinocéros et les autruches qu’elle affectionnait
particulièrement. Une petite pointe de mélancolie vert pomme pointait cependant
de plus en plus souvent son nez de chameau dans leur foyer. Alors Jean Basler
serrait Rosa dans ses bras.
En 1962, la tumeur se mit à grossir et enfla le ventre de
Rosa. La fluorescence limoneuse illuminait l’échographie : une boule
entourée de cheveux semblait flotter dans un univers liquide. Inquiet, Jean
Basler se mit à douter des possibilités
de la médecine. Epoux éperdu de sa femme,
il l’entoura de plus d’affection encore et mesura chaque jour la progression de son abdomen.
Un beau matin, alors que Rosa regardait pensivement son présent de mariage, un froissement
d’ailes fit frémir légèrement le papier
cristal. A l’instant où Rosa dégageait les plis transparents, le papillon
s’éleva doucement dans les airs, et commença à tournoyer autour de la tête de
la jeune femme. Elle porta les mains à son ventre, frappée lui aussi par de
légers frémissements.
C’est le jour du papillon que Rosa accoucha d’un joli
garçon, dont le crâne fragile était surmonté d’un toupet de cheveux vert.
Isabelle
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