mercredi 13 février 2013

Poésie sonore - Tome 3

Exercice : Ecriture automatique. Ecrire en lâcher prise.
Je suis assez fascinée des fascines du service rivière. Dis lui ce que tu penses lui dire selon les idées que tu as en tête. C’est une reconduction du programme précédent. Moi je prends bien le million si vous n’en n’avez pas besoin. Au fait combien tu pèses ? On n’est pas très clean sur ces opérations. Il y aura une évaluation d’Elise. Il faudra leur dire qu’on ne peut pas aller plus loin. Vous pensez à l’avenir et à l’impact sur le territoire ? Je suis désolée, je viens juste de rentrer de réunion. Par rapport à la convention cadre et à la map ….Barque à fond plat ou canoë ? Dans la soupe il y a du curry mais c’est pas épicé. Le pape a démissionné. Beckam est engagé pour faire parler du club. Il y aura des nuages de l’Aquitaine jusqu’au sud de l’Alsace. Les températures seront négatives. Pour les natifs du capricorne la semaine sera fructueuse. Il y a des PRA alors que le PNA n’est pas validé. On vous rembourse 10 fois la différence si vous trouvez moins cher. Prochaine station cité administrative.

Exercice suivant : A partir de bouts de texte, prendre des bouts de phrases qui interpellent
Il aimait peut être juste. Symbole de sa terre. Aussi précieuse que. Faire vivre ce miroir. Une lueur éclairant. Peu à peu. Au clair de la lune. La messe de minuit. Un joueur de flûte. Le calcul des choses. Les mots volaient.

Exercice suivant le suivant : mélanger les 2 exercices précédents
 Un joueur de flûte était fasciné de fascines.
-          Dis lui ce que tu penses lui dire au clair de la lune. Il faudra aussi lui dire de faire vivre ce miroir.
Les mots volèrent dans les nuages de l’Aquitaine jusqu’au sud de l’Alsace. Symbole de la terre, ils pensaient à l’avenir et ne purent aller plus loin.
Engagés, Désolé, Démissionnés, épicés.
-          C’est une reconduction dont vous avez besoin où le calcul des choses vous rembourse la différence.
Peu à peu, une lueur éclairant le joueur de flûte fasciné de fascines, les mots prirent les idées que tu as en tête.
Fructueuses, précieuses, chers
Mais il aimait peut être juste les natifs de la prochaine station.

Exercice de la fin : chercher une anaphore et reprendre le texte.

Un joueur de flûte était fasciné de fascines.
-          Dis-lui ce que tu penses lui dire au Clair de la lune et dis-lui de faire vivre ce miroir.
-          Dis-lui que les mots volèrent dans les nuages de l’Aquitaine jusqu’au sud de l’Alsace. Engagés et épicés.
-          Dis-lui que, symbole de la terre, les mots pensaient à l’avenir et ne purent aller plus loin. Démissionnés et désolés.
-          Dis-lui que c’est une reconduction dont vous avez besoin où le calcul des choses vous rembourse la différence. Evalué et validé.
-          Dis-lui que, une lueur éclairant peu à peu le joueur de flûte fasciné de fascines, les mots prirent les idées que tu avais en tête. Fructueuses et précieuses.
Mais lui, le joueur de flûte fasciné de fascines, il aimait peut être juste les natifs de la prochaine station.

Vanessa

mercredi 30 janvier 2013


Mardi 30 janvier 2012

Ecrire un monologue sur un rendez-vous manqué, texte à dire en duo en superposition ou tressé avec un autre texte et relatif à un voyage, un lieu découvert sans nuages pour l’assombrir.

« Attendre, attendre encore le messie ou son prophète et sa promesse, il ne vient pas, pourtant le solstice produit la révélation, la saison est propice, je veux voir l’apocalypse et sa fin des temps, le sens de la fin dernière ; je suis comme les juifs, le Christ n’est pas le messie un prophète parmi les prophètes, mon attente n’est pas comblée, le ciel n’est pas descendu sur la terre, j’attends l’image du Cosmos réfléchi sur mon sol. La vérité n’est-elle pas que dans l’attente, la quête non aboutie, c’est le chemin qui a du sens et non l’aboutissement, demandez à Parsifal ! Attendre, attendre à épuiser toutes les émotions négatives, patience menée à bout, désespoir et désarroi, je veux te donner le remords de ton manque de ponctualité quand tu me donnes la peur de mon attente vaine, l’espérance n’est qu’une souffrance ; est-il déjà venu que je ne l’ai vu ? Attendre pour rien l’inaccessible étoile, la contrée où personne n’ira jamais, beaucoup n’y sont pas allés et n’en sont pas revenus, attendre, attendre, venez ma colère et mon courroux, tremblez mes membres, mes pieds battez le sol, mes mains déchirez le tréfonds de mes poches, mes yeux épuisez la hagardise, tendez- *vous mes traits à me rendre blême ; je ne suis plus, je ne suis qu’attente et tension vers ce qui ne vient pas, je suis tout à l’heure et m’abstrait du présent, je ne suis que peut-être, je ne suis que parce que l’autre viendra ; je ne veux pas perdre ni renoncer, je veux désespérer l’espérance avant de capituler ; je n’aurai ni le bénéfice de la souffrance du prophète caché, ni le rachat, ni la grâce ; je suis inaccompli, je cède et baisse la tête, j’ai compris que le messie est attendu et ne vient jamais, mais l’attente est rarement vide si même personne n’est venu et ne viendra calmer et satisfaire la promesse de l’attente. Les promesses du diable ont-elles aussi ce pacte insupportable et morbide de l’attente ?»

Ecoute d’un extrait d’une musique contemporaine de KAGEL et notez le ressenti aussi épars que la musique est déconstruite.

Langue, langue, sons, sons, longueurs d’ondes exotiques sataniques et convulsifs, mots de colère, mots de peur derrière les croches du diable, mots de peur sidérante, silences déconstruits volés au génie de Mozart, martellements d’ensauvagement, cadence, cadences, syncope et arythmie, vertige démoniaque qui me dissolvent, injonction musicale de tuer les mots anciens pour des mots à chambre sonore, sans couleur ni odeur connue pour des chambres sonores et assourdissantes, déconstruire et détruire, faire mourir la chenille mélodique en soubresauts pour une chrysalide de musique insoupçonnée et sérielle, tonalités, tonalités, breaks du malheur, bing, bang, dring, argh, sortir des sens anciens et courants, vernaculaires ; à moi les sons barbares, vocalises rauques, battements de cœur  en marteau sans maître, où m’emmenez-vous ? Déluge et dérives d’aiguës à griffer les tympans, à faire sonner les osselets et l’enclume du diable, musique pour pores de peau, vibrations de squelettes sous les xylophones de l’enfer, danse macabre pour crânes rigolards aux orbites creuses claquantes et  sardoniques, demi-tons et demies-mesures de piano toc et toc, bruits et bruits de fureur, rythme alternatif de silence complice pour des Saints-Guy d’apothéose, aventure hors mélodie des arpèges, prenez ça bien dans les esgourdes et par vos voies sympathiques de vos os récepteurs, vibrez en transes, secoués, interdits, stupéfaits, étonnés, dans la dimension x….. de galaxies heurtées, de lumières vacillantes vibrantes et pâles avalées par les trous noirs  sonores, échos d’un univers dantesque au bras de Béatrices déconcertées et peu concertantes, adieux aux esthétiques et claviers tempérés, adieux aux baroques rococo et remixés, bonjour fureur et Tohu Bohu ! Nos épines dorsales sont ondulatoires et commandent nos mouvements saccadés et désaxés, corps disharmonieux aux vibrations de l’enfer, oubli de la raison et de la sensibilité, agression concrète aux bourdons farouches, puis silence dodécacophoniques, dodécaphoniques, dodécaph, dodéca ,dodéééé…….Gérard C….

dimanche 27 janvier 2013

 Liste de mes péchés inavoués au confessionnal
Gourmandise, convoitise, orgueil, vanité, envie, luxure, intempérance, mensonge, trahison, délation, oubli, tromperie, inconstance, inconsistance, injustice, narcissisme, perversion polymorphe, incongruité, dandysme inopportun, haine, prévarication, parjure, apostasie, idolâtrie, déviationnisme, libertinage, transgression, lubricité, imposture, vol, salacité, grossièreté, indifférence hautaine, curiosioté pathologique, empirisme confusionniste, zèle intempestif, couardise, lâcheté, effronterie, dilatation de l'ego, lucre, dévoiement, fétichisme alternatif, désertion libidinale, déviance exotique, cynisme manipulateur, utopisme invétéré, refoulement subjectif......... Gérard C.....

jeudi 17 janvier 2013

Chemin parcouru à rebours, à l'endroit
chemin retors dévorant de rêves envieux,
dévidant un fil éteint - chemin d'aveugle
et cet arbre en fleurs, anodin
entêtant de présence
lumière improbable dans ce silence sans fin
ne plus rejouer ces pas, inventer un chemin
retrouvailles insoupçonnées d'une trace désirante, sienne
laisser ce chemin à perte de repère
trop de fois parcouru...délétère.
Hélène


lundi 14 janvier 2013

Les photos...



Au théâtre Sheridan, ce soir

Encore Hopper.

Écrire une histoire à partir de l'incipit fourni par sa voisine en incluant des bribes d'un texte d'un autre voisin.


Comme chaque vendredi, elle était venue au théâtre Sheridan pour voir jouer le silence.

Comme chaque vendredi depuis ce vendredi fatal  où elle l'avait attendu.
Tant attendu.
          
                          Vainement.

On jouait à l'époque Macbeth.
Longtemps elle pensa qu'elle avait commencé à le désaimer, à le hair.

Hélas, ce n'était pas de la haine, mais une douleur qui absorbe sa vie et qui la fait encore aujourd'hui, hurler .

Dans le vide

Et elle reste là, agrippée à la balustrade, là où Hopper l'avait posée.

Avec un sourire vague.
La consistance du vertige dans le regard.

Attendant l'extinction de la douleur, cette douleur qui la ramène dans ce théâtre tous les vendredis.
Elle se retrouve décomposée par la vie, perdue dans la concordance des temps.

Le passé, le présent où l'on entend, dans ce théâtre , une litanie de plainte, une rumeur de perte.

Ce temps

Qu'elle n'avait pu  l' accorder au sien, puisqu'il n'était pas venu la rejoindre.

Et subitement elle compris.

Elle compris ce qu'il lui faisait vivre. C'est ce qu'il peint depuis des années:

L'angoisse humaine,
La solitude,
                              L'absence,
Le silence,
L'attente,
L'énigme du désir,
du Temps
                 L'énigme de la mort.

Ce fut comme une vision :

Elle allait se jeter dans le vide et il ne peindra plus que des tableaux dans lesquels le sujet a disparu.

Elle enjamba la balustrade et

..............bascula dans le vide.

Son cri zébra d’un grand trait le Silence qui se jouait ce soir là au Théâtre Sheridan.

Claude van Ackere