Nom : Annie Mougel
L'Amie : l'âne nie !
L'Annie : c'est comme ma nièce Nawel qui me brode un beau napperon Bonne Année Anie avec un seul n.
L'Amie : La faute de l'âne qui pose Ni bonet ni Anée pour la nuit j'ai pas froid à la tête aux oreilles.
L'Annie : Moi, j'ai beau nez, beau naît, le mot naît, pas money je peins pas je chant'pas.
L'Amie : Mais l'ânerie de poésie naît.
L'Annie : Mou, c'est mou, il gèle, ça réveille "le mou qui gèle" qu'ont dit des gens de 7 ans, le mou, poumon, la poitrine du boeuf toute rouge qu'on donne aux chats ou pour nous en bourguignon, quelle guigne, quel gnon, quel délice, quelle insulte et l'âme qui gèle et le mou !
L'Amie : Eh bien ! Je me souviens du parler de Claude Piéplu à France Culture qui te liais les mots qu'j'en rigole encore des lectures, l'Anie, qui laissent dans l'année des pensées émerveillées.
L'Annie : l'âme nie, l'âne rouge, l'âne nuit et je ris à la lune qui luit, j'ai l'aile de l'âne, j'aile le rouge, j'aile la ville, j'ose ci, j'ose ça, j'ose tout, tourne l'ân'rie, tourne l'écrit !
Annie ou Ânie Mougel ou (pas ?)mouj'aile !
dimanche 8 décembre 2013
lundi 25 novembre 2013
Odorant équateur
Je vivais dans un bosquet d’eucalyptus qu’une brise côtière berçait inlassablement. Du feuillage bleuté filtrait une ombre légère qui jouait sur les troncs bigarrés et les flaques d’un marigot, en contrebas. La maison était au milieu des arbres, près de la plage. Dans la pièce principale, les jalousies restaient ouvertes à longueur de journée. Aussi y respirait-on à toute heure l’air du dehors, parfois agrémenté du parfum d’une maîtresse.
A l’époque des mangues, des effluves sucrés embaumaient le voisinage pendant des semaines. Puis, des fruits trop mûrs accumulés au sol, montaient des remugles qui, en bouffées âcres, pénétraient chaque logis à l’entour. Le reste de l’année, selon la météo, les vapeurs iodées venues de la mer apportaient les messages capricieux de la houle et du ressac. Elles glissaient ensuite jusqu’au village.
Parfois, quand les mouvements de l’air s’apaisaient un peu, sortaient de la brousse des relents d’humus et de sèves étranges qui enveloppaient la maison, la transformant alors en un cellier odorant et multiple. Mais lorsque, las de voir s’accumuler depuis des mois feuilles et brindilles tombées des houppiers, je faisais un grand feu, alors pendant des jours les murs se trouvaient imprégnés d’une délicate odeur de camphre qui, je ne sais par quelle alchimie, suffisait à mon bien-être.
Certaines nuits, quand la brise tournait au sud, des écharpes parfumées s’échappaient des frangipaniers du parc tout proche, franchissaient les cépées de bambous et venaient, à travers le climatiseur ronronnant de ma chambre, me sortir du sommeil pour me conter de vieilles histoires d’aventuriers et de métives, avant de disparaître comme on referme un livre. Hanté d’images lascives, je ne pouvais me rendormir. Je me levais, allais m’asseoir à mon bureau où, selon mon humeur, je reprenais une lecture interrompue la veille, ou approfondissais, pour tuer le temps, un cours que je devais donner les jours suivants.
Quelquefois, le samedi, des fumets engageants me parvenaient par vagues. Je savais alors que ma voisine s’était installée sur sa terrasse pour cuisiner plus confortablement. De loin, je la voyais s’agiter derrière son pilon et, tout en admirant l’harmonie de ses formes qu’un pagne noué à la va-vite dissimulait à peine, je tendais mes narines au zéphyr pour identifier le plat traditionnel qu’apprécieraient ses invités du lendemain.
Après chaque averse lourde de la saison des pluies, la terre exhalait mille parfums inconnus. Peu à peu des haleines chaudes d’encens prenaient le dessus. Enivré comme dans une cathédrale, je devenais alors officiant et m’installais face à l’autel du salon où, célébrant l’éclatante lumière retrouvée, je consacrais du regard une offrande irlandaise étincelante. J’élevais le flacon à hauteur de mon front pour mieux y capter la clarté des rayons neufs puis portais humblement à mes lèvres le breuvage ambré qui, dans le tintement des glaçons, coulait en petites gorgées espacées. Alors, venaient s’ajouter à cette fête des odeurs celles du malt et de la tourbe dans une sorte de communion des sens qui m’appelait vers d’autres univers.
dimanche 28 juillet 2013
lundi 27 mai 2013
vendredi 24 mai 2013
Editer son premier livre ?(Gérard)
A fréquenter
l’atelier d’écriture, la page blanche effraie de moins en moins et vous passez de fragments en fragments soutenu
par le rythme de la quinzaine et des thèmes proposés. Ecrire pendant 1h semble
épuisant au début, mais très vite le noir de notre écriture prend le dessus sur
le blanc du support, et même elle l’avale à la manière des trous noirs qui engloutissent
la lumière blanche des galaxies éteintes.
Puis ce qui
n’était que fragment trouve une cohérence, vous tenez la plume et méditez dans
ce genre d’obscurité, ce noir dont vous vous imposez la traversée en solitaire
afin de produire de l’écrit. Mais soudain, de tâcheron besogneux, vous en venez à l’industrie et vos idées
fusent au point que la main peine à transcrire ces illuminations qui viennent
en paquets, s’imbriquent dans une logique instantanée qui vous échappe.
Vous êtes
comme dictés et vous vous surprenez qu’autant de choses soient sorties des
circonvolutions des matières blanches ou grises de votre cervelle! Les idées,
les émotions, se vêtent de la syntaxe sous la conduire du verbe, et vous prenez
de l’assurance et même bombez le verbe ! Il va donner du branle à l’action, qu’il soit transitif ou non, pronominal ou non,
réfléchi ou nom, passif ou non,
auxiliaire ou non. Les compléments, les adverbes, les adjectifs jouent
parfaitement leur rôle d’auxiliaires ou de nuanciers de l’atmosphère inventée.
Vous avez
noirci dix, puis vingt feuillets, vous ne pouvez plus reculer car les
personnages créés veulent aller au bout de leur virtualité, le dénouement se
prépare et monte vers son acmé avant d’éclater ! Mais pour cela il
convient de nourrir encore les personnages, de nouer les intrigues et d’affiner
le décor où tout va exploser ! Vous ne pensez pas encore suffisamment au
lecteur potentiel et vous oubliez que le verbe « communiquer » est un
verbe transitif, on communique quelque chose à quelqu’un, et c’est tenter de
convaincre et de faire croire ! Ecrire un peu égoïstement, cela n’est pas
grave car vous êtes à votre première tentative un peu solitaire, la prochaine fois vous aurez
l’histoire et prendrez en compte vos lecteurs potentiels.
Vous en êtes
à l’heure du bouclage et tout se tient malgré des imperfections, vous vouliez
faire un roman mais il ressemble beaucoup à un essai, vos personnages sont un
peu conceptuels et ils manquent de chair et de sang! Les règles de grammaire,
la concordance des temps, le doublement ou non des consonnes, les pluriels
exotiques devront faire l’objet d’une révision méticuleuse avec le Bescherelle des
conjugaisons et de la grammaire pour tous.
Un parent,
un ou une amie seront réquisitionnés comme cobayes-lecteurs et correcteurs ;
vous les instituez en critique qui se montrent parfois cruels « Je ne vois
pas où tu veux en venir, les personnages et le décor sont mal plantés, c’est
obscur et souvent répétitif, c’est un agrégat inconstitué de petits bouts de
nouvelles, à ta place j’aurais mis ceci ou cela..... » ; mais vous
parvenez à la phase finale du manuscrit de 75000 caractères, votre
« produit » peut être proposé à un éditeur, car un écrit est un
message que l’on lance à la cantonade et pourquoi pas au monde entier!
Mais les premiers éditeurs contactés vous infligeront les affres de l’attente
et souvent la déception : « Votre manuscrit n’entre pas dans notre
ligne éditoriale, nous vous conseillons de vous adresser à un autre
éditeur » !
Vous passez
alors la gamme des émotions, de l’espoir fou à la déception, voire au
découragement majuscule ! Pourtant vous vous verriez bien dans une famille
d’auteurs, emmitouflé chez « Gallimard » ou « Albin Michel »,
tout un réseau qui vous prendrait en charge, de la confection de votre ouvrage
jusqu’à sa diffusion et à sa publicité ! Mais las ! Vous craignez de
rester bien seul avec votre manuscrit et commencez à envisager l’édition à
compte d’auteur ou de dénicher une ambulance de l’édition française ! Le
doute s’instille en vous comme un poison, vous qui pensiez que votre ouvrage
était de bonne facture, d’une esthétique valable mais améliorable à condition
d’entrer dans une écurie de l’édition qui par l’excellence de leurs questions
et leurs relances contribueraient à bonifier la qualité de vos dits et écrits.
Vous tentez
encore chez l’un ou l’autre des éditeurs locaux, mais votre livre n’évoque pas
des recettes de Braedele, des histoires de Malgré-Nous ou des monographies
touristiques, et vous êtes éconduits pour en désespoir de cause remiser votre manuscrit dans un tiroir ! Vous
espérez encore, peut-être que votre écrit trouvera une postérité après votre
mort pour le plus grand bonheur de vos héritiers !
Puis vous
tombez sur une publicité de l’éditeur « Edilivre » dans un journal
quelconque et comme votre cas est désespéré sans être le plus beau, vous
envoyez un extrait de votre livre, sans illusion mais avec une espérance
secrète, de celles qui font souffrir au plus haut point !
Vous n’y
pensez plus et vaquez à l’ordinaire de votre vie, lorsque incroyablement
l’éditeur a daigné vous écrire, et vous n’êtes plus qu’un amas de chair
pantelante à l’instant où la pulpe de votre index presse sur l’ouverture du message :
« A la suite de notre comité de lecture, nous avons le plaisir de vous
informer que votre manuscrit a été retenu.....vous trouverez en pièce jointe
deux formulaires de contrat que vous voudrez bien servir ainsi que les annexes
y afférent quant aux droits d’auteur et aux conditions de diffusion sur support
papier ou informatique... ».
Un coup de
tonnerre qui vous sonne, vous voudriez informez 100.000 personnes de ce qui
vous arrive, vous ne tenez plus en place et foncez vers la gargote coutumière
qui est devenue un café éclatant et commandez deux bières !! Le processus
éditorial s’enclenche et vous mettez à profit les trois « Bons à
tirer » auxquels vous avez droit, afin de corriger et ciseler encore votre
« enfant allégorique » ; puis le produit est abouti qui sera
adressé à l’imprimeur, tout n’est plus question que de délai et encore
d’attente, mais ces moments d’attente ne sont-ils pas les plus beaux ?
Pourtant
vous êtes encore bien seuls avec votre produit car l’éditeur n’est pas
« Gallimard » et vous devez en rabattre sur les folles
perspectives ! Oubliez tout de suite les à-valoir sur droits d’auteurs,
oubliez la diffusion à 30.000 exemplaires dans toutes les librairies et autres hyper-enseignes,
l’éditeur réalisera une information des diffuseurs potentiels de l’existence de
votre livre, mais quel libraire voudra commander le livre d’un inconnu ?
Puis vous
apprenez que d’autres plumitifs de Strasbourg ou du Bas-Rhin ont confié leur
prose ou leurs vers à ce même éditeur « Edilivre », alors vient
l’idée de créer une antenne où les auteurs peuvent échanger leurs livres et
mettre en commun des solutions de diffusion :
. Envisager une émission commune sur
une radio locale.
. Envisager la participation à un
salon du livre à côté des grandes pointures « bankable».
. Publicité informative dans un
quotidien.
. Se mettre en « tête de
gondole » dans un magasin « Grande Surface » pour tenter le
chaland d’acheter votre livre en même temps qu’un paquet de lessive.
.Etc.....
L’éditeur a
réalisé votre produit et c’est à vous de le placer, il ne commandera
d’impressions supplémentaires qu’à la demande, la vôtre ou dans le meilleur des
cas un libraire.
Puis votre
éditeur vous questionne sur la date de fourniture de votre prochain manuscrit ! Mais il est trop
tôt pour lui répondre car vous ressentez un genre d’épuisement, un vide, le
deuil de votre premier livre qui ne demande qu’à vivre une vie autonome, et
jusqu’à vos personnages qui demandent leur liberté.
Enfin vous
savez gré à l’atelier d’écriture de vous avoir engagé dans une dynamique de
groupe qui vous a poussé au-delà de vous –même, et bien sûr vous n’avez pas
manqué de mentionner les animatrices dans la rubrique
« Remerciements » de votre ouvrage ; un exemplaire sera remis à
chacune d’elle non comme un modèle mais comme la preuve qu’on peut réaliser un
petit ouvrage et se réaliser un peu-soi-même, voire s’accomplir dans l’écrit. Votre
produit peut également servir de repoussoir pédagogique afin d’expliquer aux
candidats d’une telle aventure de ne pas reproduire certaines des erreurs, des
impropriétés et du non-respect du canon applicable au genre littéraire auquel
vous sembliez vous être adonné.
On peut être
satisfait pour soi-même d’avoir abouti un petit écrit, mais passer la rampe
serait aussi exaltant, même pour une notoriété de sous –préfecture ! Si
c’est un désir, il convient de le réaliser assez rapidement car il ressortit
bien de notre condition humaine qui nous inflige de passer si peu de temps sur
cette terre ! Sinon nous nous consolerons en nous posant comme appartenant
à la dynastie des Celtes, des Alamans ou des Gaulois où l’oralité était
prépondérante ; mais pour qui vise un peu d’éternité n’oublions pas cette
phrase des pages roses du Larousse, « Verba volent, scripta manent »
mercredi 8 mai 2013
Rien à dire seulement le vent léger,
les embruns, rides passagères,
frémissement gris-vert là où le ciel se voile
et le déferlement blanc,
vagues qui viennent mourir jusqu'à l'extrême bord d'elles-mêmes,
ressassement dérivant en monotonie attendue.
Un tireur vise un papillon posé sur une rose.
Un jardinier le regarde, s'étonne et continue de retourner son jardin.
Un cheval à tête d'ananas s'approche de la rose.
Le tireur tire sur le papillon. Une cloche sonne.
C'est l'heure du repas du chien qui accourt ventre à terre.
Le poisson qui constitue le repas enfouit la tête dans la casserole.
Une fourchette se décide à entrer en scène et croque le papillon.
Un Indien nu fait une courte apparition. Il semble poursuivre une proie avec son arc.
Hélène
les embruns, rides passagères,
frémissement gris-vert là où le ciel se voile
et le déferlement blanc,
vagues qui viennent mourir jusqu'à l'extrême bord d'elles-mêmes,
ressassement dérivant en monotonie attendue.
Un tireur vise un papillon posé sur une rose.
Un jardinier le regarde, s'étonne et continue de retourner son jardin.
Un cheval à tête d'ananas s'approche de la rose.
Le tireur tire sur le papillon. Une cloche sonne.
C'est l'heure du repas du chien qui accourt ventre à terre.
Le poisson qui constitue le repas enfouit la tête dans la casserole.
Une fourchette se décide à entrer en scène et croque le papillon.
Un Indien nu fait une courte apparition. Il semble poursuivre une proie avec son arc.
Hélène
D’un rêve d’homme à un rêve de singe (ou le contraire :-) )
Le singe s’approche de l’homme en pagne et lui vole un collier de perles multicolores. L’homme ne fait pas un geste. Il est de dos. Il se retourne lentement. Sa figure est dévorée, sa chair en charpie mais son regard est fixe et très triste. Impression d’angoisse et réveil en sursaut.
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