mercredi 9 janvier 2013

"Ce soir encore le CAC 40 vibre aux notes de Scott Joplin"

"Ce soir encore le CAC 40 vibre aux notes de Scott Joplin"… (incipit).


Imaginez la scène. 
De chez vous. en face de chez vous. 
Cette chambre jaune. lumière dans la nuit.
Fenêtre grande ouverte. deux personnages. un homme. une femme.
Lui. penché sur son journal.
Elle. sur son piano. À quoi pense-t-elle?
À lui?
À Scott Joplin?
Elle joue d'un doigt. À quoi pense-t-il?
Au CAC 40? Il est absorbé.
Piano à un doigt. Scott en serait fier. 
Absorbé par les colonnes de la Bourse. son silence vaut du plomb.
Lui.
Elle.
Deux adeptes des crescendo décrescendo…
Vous y êtes? 
En plein dans la scène.
CAC 40 et Scott Joplin, les notes égrainées avec tristesse, les chiffres évalués avec perspicacité, vous surveillez tout ça, vous avez l'œil, l'oreille aussi.
Cette fenêtre, ce jaune, vous savez tout, vous n'en revenez pas.
Je ne vous dis plus rien. 
Les personnages sont là. le fauteuil de Monsieur est rouge. la robe de Madame est rouge. son piano est noir tout comme le gilet de Monsieur. au mur quelques tableaux. vous distinguez mal le sujet des peintures. je ne vous direz rien. vous percevez très bien l'objet des pensées de ces deux là et je ne vous ai rien dit…

Je vous vois en voyeur, et c'est ce que je voulais.
Je m'appelle Edward.

Benoît D.
20 novembre 2012

Là où j'ai écrit.

Là où j'ai écrit, simple liste.

• à l'atelier, celui d'écriture,
• à l'atelier, le mien,
• à la maison,
• un matin, sur un banc, presque en face du monument aux morts,
• dans ma voiture, une fois ou l'autre, il pleuvait fort,
• ailleurs,
• ailleurs, sur une ile de la méditerranée,
• sur une autre ile, dans les Antilles lointaines,
• dans un bar avec sandwich, bière et juke-box,
• sur la terrasse, celle de mon jardin, un long moment,
• dans un parc parisien, celui des Tuileries mais ce n'est pas sûr,
• dans une petite ville de Pyrénées, un banc parmi d'autres,
• dans cette même ville sur le même banc.

Benoît D.
9 octobre 2012

dimanche 6 janvier 2013

Ça fait 10H que je sue sang et eau pour arriver sur cet espace vierge.Il n'y à personne .J'appelle, mes paroles sont étouffées dans une immaculance ouatée, pas d'écho,je suis seul dans le blog perdu.Si vous ne me voyez pas à la prochaine séance, je vous en prie, venez me rechercher................
                                  ya quéquin?
                                                             putain c'est où la sortie?
                      en plus j'ai faim
                                              et y faut que j'aille au WC

                                        Oliiiivier,non çé pas olivier c'est Benoit(pourquoi je l’appelle toujours Olivier?)

                       Beueunouaaaaaa    té ou 

                                                                                                       mrd je me suis blanchi d'sus
                                                                          os court

samedi 29 décembre 2012

Sur cinéma à New York

Sur cinéma à New York



Si quelqu’un s’était avisé de demander à Dora le soir de son vingt-cinquième anniversaire de choisir un mot pour qualifier sa vie, celle-ci aurait répondu sans hésiter « achevée ».
Mais aucun des abonnés auquel Dora indiquait sa place et déchirait son billet n’aurait pensé à lui poser une telle question. Bien sûr, l’un ou l’autre de ces messieurs, regard balayant silhouette et formes, arrêt marqué aux fesses et à la poitrine, discrets car au bras de Madame, avait bien remarqué sa beauté. Une beauté déplacée dans cet uniforme ajusté et juchée sur talons, se fondant pourtant si rapidement dans l’obscurité de la salle de spectacle.

Si quelqu’un s’était avisé de regarder Dora au plus fort de la pièce, il aurait remarqué cette femme perdue dans ses pensées, et la mélancolie de ses traits.
Dans le joyeux tintamarre des sorties de théâtre, parfois un de ces messieurs revenait, Madame déposée, certains plusieurs soirs, et l’emmenait boire un verre, ou deux, et chaque jour plus encore. Chaque jour plus encore pour supporter leurs corps, leurs ventres et leur bonne conscience. Et supporter cette attente, ces heures où d’autres qu’elle sont éclairées de mille feux sur scène, d’autres qui sont venues comme elle de leurs villes de province, d’autres qui ont réussi pour quelques minutes ou quelques heures à échapper à leur destin.
Alors Johnny ou Oscar, ce soir, après tout, quelle importance.

                                                                                     Isabelle and co

Sur Room in New York, un monologue intérieur

La mi do ré la, la,la,la,la….Pff… il m’énerve.

Je suis là depuis cinq minutes et il n’a même pas levé les yeux de son journal. Do, mi, ré, la… Invisible, invisible, je suis invisible. A sept heures, il se lèvera, une horloge dans la tête qu’il a. Et tu crois qu’il me verra ? Faut pas rêver ma vieille.

Mince, j’ai bien allumé le four ? Ah oui, si, je me revois. Do, mi, do. J’en ai marre, et « qu’est-ce qu’on mange, tu vas voir, ça va pas rater. Quand il va lever ses fesses, il va me dire, qu’est-ce qu’on mange, et pas, « oh, ma chérie, tu as mis ta belle robe orange ». Invisible, la prochaine fois, je mets un costume de Koala.

Tiens, v’la un do pour réveiller les morts. Ah, quand même, tu tressailles, … do, mi, do, ré, la, … do ! Ton sourcil marque ton irritation mais mon brave, tu vas finir par me regarder,…, j’étais quand même pas inspirée pour la cuisine ce soir. J’espère que mon rôti ne sera pas trop sec.

Do, mi, do, ré, la, et j’te balance un la de chez ma tante Hortense, qu’est-ce qu’elle devient au fait la tante Hortense, il faut que je lui téléphone, il parait que ça n’allait pas la semaine dernière. Elle avait une visite chez le médecin, j’espère qu’il lui a rien annoncé de grave, oh, ça m’inquiète, elle dira rien Hortense, elle est comme ça, elle est comme moi.

Do, mi, do mais pourquoi il me regarde fixement tout à coup, qu’est ce que j’ai fait ?
                                                                                     Isabelle
 

mercredi 19 décembre 2012

Quelques photos de la soirée





Affaire à suivre
Claude

L'élu: poème dadaïste n°1

••• 18.12.12, 12 mots tirés d'une enveloppe blanche, dans un désordre qui n'a rien d'analphabétique:
  1. bord
  2. pousse
  3. simple
  4. fleur
  5. est
  6. l'
  7. attente
  8. temps
  9. une
  10. du
  11. être élu
  12. au
••• 12 mots pour 1 poème:

L'élu
une simple fleur-attente
au bord Est du pousse-temps.

 Benoît.
 Pour faire un poème Dadaïste
Prenez un journal
Prenez des ciseaux
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découper l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’un sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

Tristan Tzara