lundi 14 janvier 2013

HOpPeR : En dépliant ces petites images ....


Pliage, dépliage de l'image pour lire le texte :c'est ouvrir le texte, s'ouvrir à l'autre. Passer de l'espace linéaire de la page au volume , à l'espace.   Pour que le texte s'ouvre entre nos mains.


Le 20 Novembre 2012 : A partir d'une reproduction d'un tableau de Hopper, écrire un monologue intérieur.

Bateau à voile

Ah!

Se faire mener en bateau             à voile
Sans vapeur
Dans l'enjambée dans la foulée pas facile de monter à bord avec ce vent dans les voiles

Il a fallu attendre cet Américain
Hopper

Qui peint des voilures pour que mon rêve enfin se dévoile
Voile de poussière de mémoire
Voile de sable sans illusion
Changer de bord
Quitter le quotidien chargé des lieux communs des habitudes sclérosantes

Là j'y suis
Le bateau penche dangereusement
Me retrouver à la mer merde je ne sais pas nager.et puis Hopper je ne l'aime pas vraiment enfin c'était l'occasion

Ne pas oublier de téléphoner à l'architecte que j'ai chargé des transformations de la maison
Coup de vent dans les voiles       frôler la mort
Changer de cap
Ah! oui la mort
Simplifier, plus de tourelles, pas de péristyle juste du style
De l'espace
Les murs imprégnés d'imprévisible, d'invisible d'irrésistible vide.....
D'illusible ou....

 D’illisible!!!

Claude van Ackere



Le vent nous emportera

Dans ma nuit, si brève, hélas
Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
Ma nuit si brève est remplie de l'angoisse dévastatrice
Ecoute! Entends-tu le souffle des ténèbres?
De ce bonheur, je me sens étranger.
Au désespoir je suis accoutumée.
Ecoute! entends-tu le souffle des ténèbres?
Là, dans la nuit, quelque chose se passe
La lune est rouge et angoissée
Et accrochée à ce toit
Qui risque de s'effondrer à tout moment,
Les nuages, comme une foule de pleureuses,
Attendent l'accouchement de la pluie,
Un instant, et puis rien.
Derrière cette fenêtre
C'est la nuit qui tremble
Et c'est la terre qui s'arrête de tourner.
derrière cette fenêtre, un inconnu s'inquiète pour moi et toi.
Toi, toute verdoyante,
Pose tes mains-ces souvenirs ardents-
sur mes mains amoureuses
et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
Aux caresses de mes lèvres amoureuses
Le vent nous emportera!
Le vent nous emportera!

Forugh Farrokhzad  (poète iranienne)


un poème que j'aime et que je partage avec vous

Florence
A propos du CROMUTAR...

personne n'aurait imaginé que les cromutars jambon-fromage poussaient à même le sol dans les grandes steppes de l'Asie centrale...un grain de moutarde suffisait à faire jaillir du sol au printemps des hectares de cette nourriture subtile.
Pas une goutte d'eau n'était nécessaire; seul le soleil, la chaleur les faisaient naître et croître.
 De belles couleurs rose et jaune-orangé, plusieurs rangées de dents.
 Leurs dents acérées brillaient au soleil et claquaient au vent.
 lors des nuits fraiches, on entendait au loin des claquements de dents incessants pendant toute la saison qui précédait la récolte.
Et les enfants des villages avoisinants tremblaient toutes les nuits. Dans leurs cauchemars, ils se faisaient disséquer, dévorer par des sandwichs sans pitié. Pire que des ogres...
Et les parents répétaient aux enfants capricieux: "si tu continues, tu finiras grignoté dans le champ"
Ceci durait jusqu'à la récolte;
 Il fallait des machines très sophistiquées, énormes, bruyantes, capables d'effrayer et de terrasser les sandwichs agressifs.
On appelait l'arracheur de dents pour finir le travail et la petite souris pour le nettoyage final.
Quelle joie, quelle fête une fois la récolte achevée, telle une bataille gagnée contre la nature cruelle.
Tout le monde mangeait à sa faim, tout le monde était rassasié.
Et la tranquillité régnait à nouveau sur le pays jusqu'à la prochaine saison.

Florence

Livre-objet ( 5 cm de diamètre)


                                               Livre-objet. Couverture en cuir. J'écris. 
                                               Claude van Ackere

Mardi 9 Octobre, c'est la rentrée ! J'écris




Les lieux où l'on a écrit, comme une façon de parcourir son histoire.



J'écris dans le ciel chauffé au rouge de Provence.
J'écris dans les terrains accidentés de mon enfance, dans les effluves de Baudelaire, l'hiver dans l'odeur         des mimosas.
J'écris dans l'ondulation des savoirs, dans le fracas des mots insensés.
J'écris dans la clarté opalescente de la lune, dans l'enchantement ténébreux de la nuit.
J'écris pour saisir l'insaisissable.
J'écris dans l’espérance d'une trouvaille.
J'écris dans un intarissable chuchotement, dans l'émotion..... jusqu'aux vibrations.
J'écris dans les lieux de ma mémoire odeur de vétiver.
J'écris dans les liens d'encre et d'espace.....

Claude van Ackere



Exercices autours du thème de Marcovaldo

  • Exercice  l’anagramme : ERROSS AGAR VANNE
  • Exercice de description de la plante : les papillons de la famille des Vaness, utilisent cette plante pour se nourrir et y pondre leurs œufs. Leurs chenilles, une fois éclosent des œufs, se nourrissent de ses feuilles avant de se laisser tomber VANNEes au pied de la plante où grâce à de judicieux phéromones, attirent des fournis AGARes qui les recueillent dans leur fourmilière pour l’hiver.
  • Exercice du parcours en ville
Arrêt de tram porte de l’hôpital. Les portes s’ouvrent sur une rue bordée de maisons hautes, de bouiboui de restauration rapide, d’une carterie, d’un perruquier et des pavés qui font résonner les pneus des voitures.
Une petite dame, voutée par l’âge, s’extirpe à grand peine de la foule agglutinée dans le tram, s’arrête quelques instants sur le quai pour épousseter ses habits et en refaire les plis. Puis elle lève la tête, regarde autour d’elle, dans tous les sens, comme semblant chercher son chemin dans ce dédale minéral. Puis ayant trouvé réponse à ses réflexions, elle se dirige d’un pas vif et décidé vers les quais tentant, tant bien que mal de rester droite malgré les pavés qui accrochent ses chaussures et sa canne.
Elle marche vite, pressée par une urgence, qui lui fait ignorer le petit bonhomme rouge du feu du quai Charles Frey. Elle longe les quais, trottinant de plus en plus vite, ne semblant guidée que par cette urgence, indifférente aux maisons alsaciennes qui font maintenant face à l’Ill. Puis soudain elle s’arrête. Si brusquement que le vent lui tombe dessus.
A ses pieds sur l’asphalte froid du trottoir est posé un papillon aux ailes couleurs d’automne. Il ne bouge pas, déploie seulement à intervalle régulier ses ailes qui colorent d’ocre le gris du trottoir. La petite dame, voutée par l’âge – et par le vent qui lui est tombé dessus – se penche vers le trottoir, pousse délicatement le papillon dans le creux de sa main, regarde autour d’elle dans tous les sens puis reprends sa marche décidée, sa canne dans une main et le papillon dans l’autre. Elle trottine, trottine, poussée par le vent qui a repris sa course dans son dos. Ses petits pas rapides l’emmènent au bord de l’Ill en face des Ponts Couverts, là où le gravier et les herbes folles ont remplacé l’asphalte des trottoirs. Puis soudain elle s’arrête. Si brusquement que le vent, surpris, lui tombe à nouveau dessus. A ses pieds, contre un saule dont les branches caressent l’eau pousse vaillamment une EROS AGAR VANNE sur laquelle la petite dame voutée posse délicatement le papillon.
Un sourire se dessine sur ses lèvres ridées quand elle se redresse, puis regarde autour d’elle dans tous les sens et reprend sa course décidée poussée par le vent.

  • Exercice de la poursuite du texte de Marcovaldo
Il était trop tard pour trouver un tram qui repartirait dans l’autre sens avant le lendemain matin. Marcovaldo pris donc le parti de suivre à pied la ligne de tram et de remonter les arrêts en sens inverse jusqu’à trouver celui qui le ramènerait aux portes de chez lui. C’était encore le plus sûr moyen de garder un fil de réalité dans cette nuit de brouillard où son esprit restait projeté dans les forêts de l’Inde. Marcovaldo mis ses pieds sur les rames du tram et s’imagina marchand sur des bois flottants des forêts de l’Inde pour contrecarrer la monotonie annoncée de ce trajet de retour. Il essayait de traverser un fleuve où se prélassaient crocodiles et hippopotames qui le regardaient passer d’un œil torve. Tout à son imagination, ses pieds se prirent dans les rails et il chutât pour se relever d’un bond voyant les crocodiles approcher. Il regagna le trottoir car il était plus prudent de remplacer les bois flottants des rails de tram par un chemin forestier taillé à la machette au sein de la jungle. Le sentier bordait des marécages d’où émergeaient des brumes de nuages. Tout était silencieux, comme si la jungle suspendait ses conversations, pour regarder passer le petit homme égaré.
Marcovaldo ne perdait pas du regard les rames du tram. Sa survie dans cet environnement hostile en dépendait. Il n’était pas bon pour un voyageur des grandes villes de sortir des sentiers balisés des forêts de l’Inde. On pouvait croiser la route de serpents vénéneux, d’un pécari furieux ou d’arachnides coléreux. Mais c’est la route d’une fouine de chez nous que croisa le sentier de la rame de tram qu’empruntait Marcovaldo. C’était son heure, celle où elle pouvait s’extirper des caves abandonnées pour partir à la découverte de la ville et des mets qu’elle recelait. Et elle fut bien exaspérée que par cette belle nuit de brouillard où elle pouvait se rendre encore plus invisible elle croisa celle d’un petit homme égaré dans une forêt indienne.
Vanessa

dimanche 13 janvier 2013



Ecriture de la suite du texte d'Italo Calvino

 [Après s’être émerveillé devant un film qui se déroulait dans les forêts de l’Inde, Marcovaldo, personnage rêveur et fantasque, prend le tram dans le brouillard, se trompe d’arrêt et n’a plus d’idée de l’endroit où il se trouve...]

Marcovaldo haussa les épaules et se résigna. Puisqu’il n’y aurait de toute façon pas de prochaine rame avant longtemps, il fallait marcher. Il partit au hasard dans la purée de pois, qui l’enveloppait comme une couverture.
Il divagua ainsi par les rues pendant de longues et douillettes minutes, ne distinguant rien, les sens reposés.
Une chaude caresse sur la joue l’interrompit. Emu, il porta la main à une large feuille, d’une espèce qu’il n’avait encore jamais rencontrée. Il l’examina, contourna doucement la plante et se guida le long d’une allée en passant d’une essence à une autre.
Dans une percée du brouillard, il entrevit des couleurs qui lui semblèrent éclatantes malgré l’obscurité, les sons cotonneux se muèrent en une mélopée exotique, une odeur sauvage le prit à la gorge. Il crut reconnaître les décors qui l’avaient tant émerveillé dans la soirée. A tout hasard, il guetta des mouvements, mais déjà le nuage de vapeur se reformait.
Il avança encore. Une lumière diffuse l’appela vers sa gauche. Au terme de sa progression, il se réjouit de bientôt pouvoir rejoindre son foyer. En effet, il était parvenu devant la boutique du glacier, près du jardin botanique, où il avait coutume d’emmener ses enfants le dimanche.

Estelle B.